Le soleil s'efface lentement derrière l’Harbour Bridge. Les édifices de cent étages s’imbibent d’une lumière orange feutrée. La belle Sydney prend ses airs de grande soirée, pendant qu’assis au comptoir, Steph et moi bouffons l’équivalent de trois gros sacs de Lays (soit du poisson pané ça d’épais, servi sur un lit de frites : tout ce qui a de plus gastronomique), la grand’ ville, elle, se pomponne tranquillement.
I’ve got a feeling, passe à la radio. J’ai ce même feeling, très exactement : ce soir, j’aurai la fête dans la tête ; de la mousse, de la vodka, de l’ecstasy (ceci est effectivement une métaphore !). Pas seulement parce que Sydney s’est foutrement bien attriqué ; un vrai trente-six bien sonné : mais également parce que Toby vient de m’offrir le luxe de rêver au moins jusqu'à Lundi, peut-être plus.
***
Il y a ce mate, Toby, qui me donne du cœur au ventre, mais également, il y a qu’ enfin, après cinq jours, aidé d’une bonne brosse au vin et a l’alcool cheap hier soir, accompagné de Stephen le webmestre millionnaire unijambiste, prédicateur aiguisé, prophète, père du batteur d’un nouveau Tokyo Hotel en devenir, pseudo Nostradamus, connaisseur de toutes les conspirations américaines comme chinetoques, je commence tranquillement a m’y faire a la grande ville démesurée, aux heures et aux heures de pèlerinage urbain (oh ! mais quelle paire de cuisse j’aurai dans quelques mois! Oui, oui, allez, rêvez déjà les filles !), au petit osti de lit simple matelas humide, puis surtout aux douze heures de fucking JET LAG. Je le retiens celui-là ; jet lag…
Le matin, au Balmain Backpackers, tous, sinon quelques ermites soudées a leur lit, partent travailler. Ici, on bosse le jour, dort la nuit, se soûle la fin de semaine. Christ fume des grosses brutes de joints : ses nuages de fumée feront un jour ou l’autre interférence avec les signaux radio de l’aéroport pas loin. Sony, lui, vit ici depuis un an et demi. Canon, le sud-coréen, rit tout le temps, longtemps et fort, comme un reggae défoncé, se dit trop paresseux pour travailler (comme un reggae défoncé), fait le ménage deux heures chaque matin, comme Sony ; pour ne pas payer le logis.
Oui, vous avez bien lu, Canon et Sony. Je la ris encore.
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Toby serait, dès midi, au Nelson Hotel, pour recevoir les CVs ; c'est ce qui était écrit sur l’offre d’emploi au Chili Blue(l’exécrable auberge qui nous accueillit a Sydney). Je déambule la rue en redoutant sa tronche. Toby le chien fut champion de basketball, de skateboard, puis de quoi encore : à gauche les pneus crissent, je viens de passer a deux poils de me faire frapper. C'est hardu, pour un Américain, de digérer les voitures qui arrivent de la droite.
Dieu, il ne faut pas que Toby soit un vieux frustré qui me balance son slang australien d’un coup, sa parlure cent fois pire que notre joual. J’ai les oreilles vierges à leur langue, ou presque, et j’ai la chienne sévère. Je répète les mêmes tournures de phrases. Je veux porter le titre, à tout prix : Jobin bartender, Sydney.
On prend le bus jusqu'à Oxford Street, marche jusqu’au 232, ce après un déjeuner copieux. La bus est pleine, partout les gens affluent ; des asiatique en grande majorité. Sydney, le jour, grouille, se travestit en transit commercial. Le soir, elle met sa belle grande robe, et on y marche peinard. Après trois grandes inspirations chacun, on ouvre la porte.
Hi, is Toby here ?
Je pense déjà connaître la place ; avoir déjà rêvé l’endroit. Il y a la rue piétonnière devant, des boutiques partout, un marché public, du pavé luisant, des grands rouleaux de sushi pour deux piasses. A quelques minutes a pied, c’est la plage de Bondi ; le surf, les filles. Tout est plus, tout est mieux.
Une jeune femme nous répond. Grand sourire. Elle est déjà partie avertir Toby.
Tout autour du bar, qui est en plein milieu de la place, il y a des hommes, dans la cinquantaine, pour la plupart, souvent le pinch couvert de broue ; un nous concède qu’il adore la place plus que sa propre femme, tellement, qu’il est assis ici tous les jours. Devant moi, il se noie une fois de plus dans une longue lampée de blonde. Je me sens chez nous.
Un jeune homme sort du bureau, c’est lui, Toby. Il a vingt-cinq ans environ, blond comme un Aussie, le style surfeur de grosses vagues, pas plus grand qu’un Nippon, les yeux doux comme un Berger Allemand.
Hi mates, l’m Toby.
On jase de notre arrivée à Sydney, du Québec (qu’il a déjà visité…), de nos disponibilités. Il dit chercher deux personnes. J’hallucine.
C’est lui le gars, qui, si tout s’aligne, nous assurerait six prochains mois au bon gré des vagues de la côte australienne ensoleillé, dans ce petit bled bouillonnant qu’est Bondi, avec en trame de fond, chaque soir, ce coucher de soleil gracieux qui blottit Sydney et ses gratte-ciel.
On quitte le Nelson Hotel après avoir serré la pince à Toby, et souhaité, du plus profond de nos pupilles de p’tits gars honnêtes, travailler avec lui. Dehors, le vent est doux. C’est drôle. Tout est drôle. Je rêve que ça soit fait pour nous. Steph sourit d’un lobe d’oreille à l’autre. Je m’enfarge dans une dalle du trottoir, tombe sur le côté, prend le temps de gober un peu du ciel bondé d’étoiles. Les épaules libres de sac-a-dos, je suis léger et l’impression d’avoir accomplie une première mission m’envahie. Tout le reste est sous supervision de la Grande Ourse, j’imagine.
On verra ben.
* La connexion internet étant merdique, les photos ne seront pas pour tu' suite.
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....Wow Magique les gars ! Bonne Chance pour la Job ... Et j'EN VEUX PLUS !!!!! Sérieux jmennuie dvous et colisseeee que j'ai l'gout d'y être ayoye ... C FOU FOU FOU DS MA TÊTE !
RépondreSupprimerLachez pas et Maudit Profitez EN BATARD !
Xxxxx NAT (TATOO) hihihh