vendredi 14 août 2009

Du Père Lachaise aux dunes de l’Orient

Ta voix bâtarde de rebelle adolescent mue en harmonie, caresse le silence. Ta voix éraillée en chanson rampe, titube, se fraye un chemin jusqu’au précipice pittoresque de l’instant ivresse. J’approche le vieux jukebox massif au fond de la pièce, n’y voit aucune sélection mais t’entends geindre musicalement. Tu m’es venu sans que je n’agisse. Cependant que tes vers s’étendent lascivement, une guitare se plaint sensuelle. Tu me racontes l’orage sous laquelle les errants suintent leur ébriété, délibérément, sans regrets sans remords. Aussi que les riders on the storm ivres s’effritent toute la nuit durant sous l’averse opaque, ce jusqu’à la raison d’être. Des errants noctambules t’habitent et trimbalent le secret bien gardé d’une galerie richissime qui existe sous une porte ensevelie. Au-dessus, il faut savoir danser. Ils la nomment Perception.

Morrisson tu surgis du vide comme l’oie noire. Tu te souviens précisément de notre toute première fois. Après ces années tu me réponds. Tu te rappelles, dit-moi ; tu te rappelles The End m’ayant déjà mené au bout d’une route densément désertique dû le noir sans fin sans repère. La suggestion d’un demi-tour après des kilomètres à t’entendre t’étendre m’apparut si articulée alors. Tu te répètes magnifiquement bien, je te comprends cent fois mieux. Cette fois-ci je ne ploierai plus assommée sous la tempête. Pied dans la flaque, je traverse la tiède averse qui elle trace son chemin du fond du caniveau jusqu’au puits des sensations.

Je regagne ma place, tourne les pages délicatement pour ne rien y lire mais te célébrer Roi Lézard. Vibrant au son emballant des 70, j’ai ton sort anesthésiant. Voici toute la profondeur d’un dialogue planant et voici la légèreté de l’oreille qui s’y prête. Tu es le très grand du Rock n’ Roll, le vicieux rebelle à la gueule d’argent, poète des choses suspectes grandes et vraies, et ce du Père Lachaise, endormi sous guignol et mégots, jusqu’au rouge désert de l’Orient. Toi aussi comme Miron, tu sais me recevoir dans l’octave du don.

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