Je bouette encore mais j’ai laissé mes béquilles sur William Street, plein boulevard, accotées sur un panneau de circulation. C’est parce que j’ai décidé de partir… Faut être con ou faut avoir une espèce de rage d’errant en dedans. Je marche comme Lucien Bouchard, puis j’ai encore la patte grosse comme Yogi. Ça se passe il y a quatre jours, à Sydney, sur William Street, exactement. Il y a quelque chose de luisant sur l’Harbour Bridge qu’il me dit qu’après six mois il est temps que je quitte l’Australie, peu importe le prix que ça me coûtera, même s’ils m’ont coupés du cash les sacripants… Ah, argent, quand tu me fous la paix ! Le taudis dans lequel je vis pour pas cher avec quarante junkies puis des « bed bugs » me lève toujours le cœur puis me froisse le karma. Je sais que je laisse des potes derrière, mais j’ai appris qu’on voyage toujours seul en premier lieu, à plusieurs, seulement si Il le veut bien, le vieux Gypsy en haut, si instinctivement Il nous agglutine.
Je salue six mois riches en apprentissage. Ciao ! Je déguerpi, je lève le camp. Je dé-Christ mes amis ! Salut Paco, salut Sancho, passez le mot : Monsieur Lavoie avait le goût de voir le Monde, là, maintenant. Comme il voulait tête de cochon, quand il était ti-gars, chez Toys’R’Us, le premier gogosse tout de suite sur le champ. Maman se souvient, comme la plaque.
Je ne serais pas supposé, raisonnablement, partir si rapidement. Premièrement, il y a que le gouvernement OZ continue de me payer pour ma maudite fracture, et qu’il continuera de me payer là-bas. Vont-ils finir par savoir que je me suis envolé ? Après quelques vérifications : Je ne croirais pas. Bien que si le grand maître en-haut le veut, dirait Jacques, bah oui, certainement… De toute façon, je m’en vais, comme une feuille au vent. Je n’ai pas décidé...
Après tout, c’est quand même bien mérité, hein ? Six semaines dans le plâtre ont passés quand on m’en prévoyait trois. Spécialement quand deux semaines plus tard on m’a garantie que c’était fini. Miracle. Lève-toi et marche ! Grossière ERREURE. Cela, ce beau plâtre, fibre synthétique non-résistant à l’eau s’il-vous-plaît, tout spécialement saucé trois fois au cours de la première journée (Fallait pas se baigner, même dans du Saran Wrap!), Cela à cause de trois horribles jours à cueillir des mangues ; douze heures, soixante pourcent d’humidité, quatre mille verges de sprint, cent pourcent d’écœurement. On ajoute à Cela deux semaines en grande ville à parcourir des kilomètres en béquilles. Si je ne m’en vais pas là, maintenant que je sens la flamme maximum butane qui crépite dans l’antre, je me désapprouve personnellement, je me meurs, je me maltraite, je m’abrutie, je me désaccompli, je m’échec ; ce que personne récemment constitué, genre vint-quelq’ ans ne désire. Le vent m’emportera, qu’ils chantent les maudits Français.
Depuis le début je me vante d’avoir pris des décisions émotives mais raisonnables, peut-être balancées par un petit peu de cervelle. Cette fois-ci, je pars comme un tourne-pas-rond, parce que ça fait six mois que je suis ici, et parce que six mois au même endroit ça sonne bien. Voilà !
Hey ! J’ai pensé recommencer mon blogue, ou plutôt commencer… J’ai bien dit je pense. Youhou ! Je veux écrire plus vite et plus trash parce que sinon je virerai fou. Je veux pas relire quand je voyage parce que j’haï ça. Mais encore là, ne me faite surtout pas confiance, ni niveau contenu ni niveau qualité ni niveau fréquence ni niveau prochain billet. Peut-être que ceci est mon dernier billet. Ou peut-être le premier d’une série de recueils vendus dans tous les grandes surfaces du Québec et un best-seller Cambodgien.
COMMENTER SUR LE BLOGUE PEUT-ÊTRE QUE ÇA ME DONNERAIT LE GOÛT D’EN DONNER PLUS HEIN ?
Vous aviez devinez ? Oui, je m’en vais au Cambodge… Qu’est-ce que je vais faire là-bas. Oh… Ça, je ne peux pas répondre, mais comme dirait Jacques : C’est écrit là-haut.
Aujourd’hui je vous écris de Singapore et ça me frustre. Pourquoi ? C’est que, premièrement je dois l’avouer, je pense être amoureux de l’Asie. Je suis allé hier dans le quartier Chinois : Faillit m’évanouir… Les temples Bouddhistes m’ont coupés le souffle, littéralement. Je prends des photos partout de n’importe quoi, comme un Nippon, et c’est toujours extraordinaire. Parlons pas de la bouffe, j’ai présentement des courts-circuits sur mon clavier. « Little India » c’est magique. L’Inde c’est mon rêve, et visiter le quartier c’était comme un autre rêve plus réel dans le grand rêve de la vie qui contient le rêve d’aller là-bas qui sera probablement un rêve en tant que tel, je parle du voyage, bien entendu… En tout cas… Oui, ce qui me frustre maintenant, mais c’est quand même correct tsé… je comprends, 2010, puis toute ; ce qui me frustre c’est les centres d’achats puis les gratte-ciels. Je veux respirer ! J’en ai assez de l’Ouest. Okay ? Singapore est une transsexuel, un petit peu des deux, satisfaisante mais vicieuse.
Le Cambodge maintenant, dans quelques heures...
« Pauvre petit, disent-ils, il ne se doute même pas ce qu’il l’attend… »
-Merde, qu’il répond
-Re-merde, s’exclament-ils… pour d’autres raison.
Continue si tu peux. Je lis et vais souvent voir si tu as posté des nouveaux trucs. Ça transporte, j'adore comment tu écris. xxx
RépondreSupprimerCanaille.
RépondreSupprimerJe t'imagine déambuler dans les ruelles cambodgiennes tel un pirate en manque d'aventures ou... de rhum.
Aller va! Suit tes impulsions et traîne ta jambe de bois quelque part où la vie te coupera tellement le souffle que tu n'auras plus le choix d'écrire pour faire foi de ta propre existence.
Et surtout, raconte-nous. Raconte-nous ce que c'est d'exister le souffle coupé.
Mylène