jeudi 28 janvier 2010

Pour me répéter

Je ne dors pas toujours bien. Je ne suis pas encore totalement éveillé, peut-être. Je me pince encore.

Ça m’a pris deux semaines m’adapté à l’Australie. Ça fait seize jours que je suis en Asie, je crois n’avoir pas fini de rêver des trucs qui ne tiennent pas debout, la nuit. C’est rassurant, ça indique que le travail se fait, et c’est presque littéralement que ca bosse : les images et les pensées sont à la recherchent de la bonne formule. Elle approche, je le sens. Je me plais à cet état d’ivresse. Au voyage.

Je persiste à croire que c’est l’expression d’un nouveau départ, que le petit peu de voyage intense forme un petit peu plus ma verte jeunesse ; c’est comme la digestion d’un gros souper à s’en effrayer la panse, je sens effectivement que ça travaille en-dedans. Oh, dégoûtante comparaison, mais assez efficace dans le genre... je le reconnais.

Il ne me reste vraiment plus grand-chose à quoi m’accrocher dans le décor, sinon l’océan qui fait un peu dans le même style qu’ailleurs –et ça réconforte – et parce qu’il le dit Saez, que c’est le même Océan « dans laquelle on voit Dieu », devant moi, et qu’il est heureusement partout, ici, comme Il l’est chez nous. « Above us only sky », parce que c’est aussi partout le même truc qu’il chantait Lenon. « Same same but different » comme ils le disent, Cambodgiens, ce même si les sous le voudraient d’une autre manière, tout le Monde finira par raconter la même chose à la fin.
Ouf, horribles phrases!

Sinon, peu de références certaines…

Un peu perdu, oui. Agréablement perdu, dans un rêve sur demande.

Je n’ai jamais fonctionné de cette manière auparavant. Le pouvoir qu’ont mes quelques dollars est peut-être ce qu’il y a ici de plus choquant. Un jour on m’a catapulté en Asie après m’avoir dit qu’à partir de maintenant je ne connaîtrais plus rien sinon moi-même, de me servir de mon terrain de jeu, de ma cours d’école… ou quelque chose comme ça.

Quand ça sourit comme ça c’est certain que ça ne ment pas. La petite fille qui tient la boutique au coin est époustouflante. Elle sourit tellement grand, sincère, ses mains se rejoignent sous son menton, et elle nous remercie du fond du cœur, honnêtement, et pour rien.

La même femme d’âge mûre, avec les yeux d’une mère, n’a pas cessé de revenir nous voir sur la plage, toute la journée durant, pour dire bonjour, donner le compte-rendu de ses affaires… Elle ne nous demande rien.

Nous avons passé la journée au restaurant de So-Han, lui avons remis un bracelet, lui promettant de revenir demain dans la journée. Nous sommes finalement revenus en soirée, il attendait patiemment devant, avec le bracelet dans les mains, prêt à nous le rendre. « Hey ho, So-Han, c’est le tient, lui ai-je rappelé… Pas le mien… » Il a remercié du fond du cœur. De ces yeux !

Un jeune homme regarde présentement par-dessus mon épaule, illusionné par la petite machine qu’est mon ordinateur portable. J’ai des vagues qui frisent à mes pieds, les enfants vendent toute la journée des bracelets qu’ils tressent habilement, ou encore un plateau de fruits qui tient sur leurs petites têtes, les chiots cherchent des miettes, les touristes se font couper les ongles et cirer les orteils. C’est beau, c’est différent, c’est absurde.

Les deux Mondes se rencontrent. L’un ne sait pas trop pourquoi il possède l’argent, mais il la possède, et s’en sert. L’autre court pour son dollars, pour son bol de rit cuit à la vapeur. Et moi je me demande qu’est-ce que je fais ici sur la plage à sourire pour rien. D’où est-ce qu’il vient le bonheur ? Il est légal ou bien pervers ?

Pourquoi le dollar américain m’a-t-il rendu roi ?

C’est à s’y confondre. Paraît qu’il faut laisser aller et y penser plus tard. C’est pour faire rêver...

Leitmotiv.

Je promet de revenir plus concis ; prochain billet. Ahah!

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